3 septembre : Mono Lake (CA)
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236526 km : Ce matin, nous quittons notre bivouac pour nous rendre à Bodie. Bodie est une véritable ville fantôme issue de la ruée vers l’or. Perdue à environ 2 550 mètres d’altitude, Bodie est située au cœur de la Sierra Nevada, au milieu d’un environnement désertique et montagneux aux hivers très rigoureux.

Aujourd’hui abandonnée, cette cité a autrefois abrité près de 8000 habitants et environ 2000 bâtiments. Avec ses rues désertes et ses vieux bâtiments, elle offre un voyage saisissant dans le passé.

Bodie a été désignée Monument Historique National en 1961 et Parc Historique National de Bodie en 1962. Au total, 170 bâtiments sont encore plus ou moins intacts. Elle a été nommée « ville fantôme officielle de la ruée vers l’or en Californie » en 2002.

Avant de partir à la découverte de cette ville fantôme, plongeons-nous dans son histoire passionnante.

La ville doit son nom à W.S. Body (ou Bodey), qui avait découvert en 1859 de petites quantités d’or dans les collines au nord du lac Mono.  Malheureusement, au cours de la même année, il fut pris le 20 novembre dans une violente tempête de neige lors d’une mission de ravitaillement et mourut de froid sans jamais avoir pu voir la ville minière développée, et nommée plus tard en son hommage.

En 1875, un éboulement au fond d’une mine mit au jour un riche filon d’or et d’argent (principalement du quartz aurifère). Cette découverte incita la Standard Company à racheter l’exploitation, faisant basculer Bodie du statut de campement isolé à celui de véritable ville du Far West. Dès 1877, l’afflux massif de pionniers transforma ce petit hameau de quelques dizaines d’habitants en une cité champignon en pleine expansion.

En 1879, Bodie avait une population d’environ 8000 habitants et environ 2000 bâtiments. Elle s’est transformée en une ville sauvage et sans foi ni loi, avec plus de 60 saloons, de nombreuses fusillades et des vols fréquents… L’atmosphère rude et violente des villes nées de la ruée vers l’or !

L’épuisement des gisements d’or dès la fin des années 1880 a provoqué le déclin rapide de la population de Bodie. Deux importants incendies, en 1892 et 1932, réduisirent les bâtiments restants à moins de 10 % des 2000 qui existaient autrefois.

En 1920, la population de Bodie était enregistrée par le recensement fédéral américain avec un total de 120 personnes. Bodie a eu des résidents permanents pendant près de la moitié du 20ème siècle. Un bureau de poste a même fonctionné de 1877 à 1942.

La conservation du site de Bodie repose sur « le principe de l’abandon stabilisé » qui consiste à figer l’état des bâtiments et de leurs vestiges, exactement tels qu’ils ont été laissés. Cette méthode de conservation interrompt la dégradation en neutralisant les agents de détérioration (eau, parasites) et permet ainsi de sauver la ville d’une ruine totale. Le résultat est saisissant !

Nous partons maintenant à la découverte de cette ville fantôme où les maisons semblent attendre leurs habitants 😯. Afin d’éviter tout vol ou acte de vandalisme, les bâtiments ne se visitent pas mais s’observent depuis l’extérieur, à travers une vitre ou un grillage. Cela ne simplifie pas la prise de photos…

Nous passons devant l’église méthodiste construite en 1882. Elle est la seule église de Bodie encore debout. Une église catholique a été construite en 1882 également, mais elle a brûlé en 1928.

Ces intérieurs de maisons semblent avoir été abandonnés subitement, donnant l’impression que toute la ville s’est figée dans le temps.

L’hôtel Swasey, construit en 1894. Ça penche, ça penche… 😲

Ce n’est pas toujours facile de faire une photo à travers les vitres 🥴 mais on devine tout de même que nous sommes devant la morgue. Les cercueils semblent attendre les prochains clients 🤔.

Nous sommes dans Main Street. De gauche à droite : l’hôtel DeChambeau, l’IOOF Hall (Independent Order of Odd Fellows) qui fut l’une des nombreuses confréries de Bodie, et le Miners Union Hall (Maison du syndicat des mineurs) qui fut le centre de la vie sociale de Bodie. Construit en 1878, il a été transformé en musée.

Dans cette salle étaient organisés les réunions du syndicat des mineurs, des cérémonies religieuses, d’élégants bals masqués, des récitals scolaires et des fêtes organisées à l’occasion de Noël.

Nous passons devant la remise à chariots de fret utilisés il y a un siècle. Il ne manque plus que les chevaux 😊

Le temps semble avoir suspendu son vol…

La caserne des pompiers

avec la pompe à incendie.

L’école de Bodie. Entre 1879-1880, l’école a enregistré son record avec 615 élèves inscrits.

Les élèves sont partis en vacances, ils ne vont pas tarder à revenir en classe ! Tout semble les attendre….

Voici le Boone Store and Warehouse (magasin et entrepôt d’Harvey Boone) construit en 1879.

Derrière la vitre de ce magasin, le temps s’est arrêté. Ce magasin général conserve encore ses fûts en bois, ses emballages pharmaceutiques d’époque et sa vaisselle d’autrefois.


Nous voilà devant la mine… Entre 1860 et 1941, les mines de Bodie ont extrait pour environ 34 millions de dollars d’or et d’argent (soit près de 85 millions de dollars en 2021), avant que l’activité ne décline progressivement.

En 1942, l’économie civile américaine se transforme en une véritable machine de guerre sous la conduite du War Production Board. Pour soutenir cet effort, l’agence gouvernementale ordonne la fermeture des mines d’or non essentielles. Bodie voit alors sa dernière mine fermer ses portes, provoquant l’abandon définitif de Bodie par ses derniers habitants.

Tout le site est protégé par une clôture car sa visite est dangereuse.

Du haut de la colline, on imagine encore mieux l’étendue de la ville à son apogée. Il est impressionnant de songer qu’une ville aussi importante a pu s’implanter au cœur d’un environnement si hostile et isolé.

Nous voilà devant la banque de Bodie, du moins ce qu’il en reste après l’incendie de 1932 et…

son beau coffre-fort.

Ironie du sort pour une scierie… c’est elle qui semble réclamer d’urgence quelques poutres de soutien 😂

Vue de Bodie depuis le cimetière.

Environ 200 personnes y sont enterrées.

Une douce mélancolie se dégage de ces maisons abandonnées.

Avant de partir, Marc essaye l’ascenseur de la mine ou plus exactement une cage d’extraction (ou mine cage en anglais). Fixée à un système de câbles suspendu au-dessus du puits de mine, elle servait d’ascenseur pour transporter les mineurs, les wagonnets de minerai ou le matériel entre la surface et les galeries souterraines. Le toit métallique servait de bouclier contre la chute de pierres ou d’objets depuis le haut du puits. Là, il n’y a aucun risque pour Marc, il a en plus son chapeau 🤣

Notre voyage de 4 heures au 19ème siècle, au cœur de la ruée vers l’or, s’achève et nous prenons la route vers notre bivouac pour les trois prochains jours. En effet, du 5 au 7 septembre, les Américains célèbrent le Labor Day (la fête du Travail). Ce long week-end marque traditionnellement la fin de la saison estivale et des vacances scolaires. Il risque donc d’y avoir beaucoup de monde dans tous les lieux touristiques 😮.

Sur la route du retour, un petit clin d’œil à notre bivouac de la veille qui se trouve sur la gauche, juste avant l’entrée du parc. Pas mal, n’est-ce pas ?

Avant de nous poser, nous irons voir les sources chaudes de Travertine Hot Springs. Bien que très fréquentées, il y est fortement déconseillé de s’y baigner (possible amibe dévoreuse de cerveau (Naegleria fowleri) majoritairement mortelle 😱), aussi nous nous contenterons de les admirer 😊.

Notre bivouac durant le Labor Day 😊 La piste s’arrête d’où la photo est prise, nous serons tranquilles.


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