231363 km : Malgré la proximité de la route, nous avons passé une nuit calme sur le parking du Visitor Center de Poncha Springs. Avant de partir, nous en profitons pour faire les vidanges et le plein d’eau potable. Ici, tout est gratuit 👍

Après ces occupations nécessaires et indispensables à l’agrément du voyage 😉, nous prenons la route en direction de Great Sand Dunes National Park. Nous empruntons à nouveau des routes pittoresques qui nous font traverser de beaux paysages, et toujours à plus de 2000 m d’altitude. Une question nous interpelle cependant depuis plusieurs jours : Pourquoi la limite forestière est-elle aux alentours de 1800-2000 mètres dans les Alpes françaises et au Colorado à au moins 3000 mètres ? 🤔
C’est une question de biogéographie. La différence s’explique par plusieurs facteurs combinés.
1) Latitude et angle solaire
Le Colorado se situe autour de 37–40° N, les Alpes françaises entre 44 et 46° N. Cette différence de 5 à 8 degrés de latitude se traduit par un ensoleillement plus intense au Colorado, ce qui repousse la limite forestière vers le haut. À une latitude plus basse, le rayonnement solaire frappe les versants avec un angle plus favorable, prolongeant la saison de végétation en altitude.
2) Continentalité et sécheresse de l’air
Le Colorado bénéficie d’un climat continental semi-aride avec une atmosphère très sèche et transparente. Cette transparence augmente le rayonnement direct et réchauffe davantage les sols en altitude, favorisant les arbres plus haut. Les Alpes, plus proches de l’Atlantique et de la Méditerranée, ont un air plus humide qui atténue le rayonnement.
3) Le rôle de la neige et des précipitations
Dans les Rockies du Colorado, les précipitations neigeuses tombent surtout en hiver, puis la saison estivale est relativement sèche et très ensoleillée, ce qui est idéal pour la croissance des conifères. Dans les Alpes, les précipitations estivales sont plus importantes et les ciels plus souvent couverts, ce qui refroidit les étés en altitude.
4) Effet de masse (Massenerhebungseffekt)
Les grands massifs montagneux créent leur propre climatologie interne. Les Rocheuses, avec ses larges plateaux ensoleillés à 1500–2500 m, génèrent un effet de masse thermique qui réchauffe les hautes altitudes. Dans les Alpes, les plaines beaucoup plus étroites (donc moins ensoleillées) à ~200–400 m ) génèrent moins cet effet.
5) Températures estivales déterminantes
La limite forestière est avant tout définie par la température de la saison de croissance (les mois où la T° moyenne dépasse ~7 °C). Au Colorado, les étés en altitude sont plus chauds et plus longs malgré l’altitude absolue, ce qui explique que les Engelmann spruce et Subalpine fir montent jusqu’à ~3400–3500 m. Dans les Alpes françaises, les épicéas et mélèzes butent vers 1800–2200 m selon les versants et les massifs.
En résumé : L’altitude absolue diffère de l’altitude écologique. Le Colorado compense son altitude par une latitude plus basse, un ensoleillement plus intense, une continentalité marquée et un effet de masse plus prononcé. La limite forestière suit l’altitude écologique, pas le chiffre sur l’altimètre 😉. Voilà, maintenant vous savez 😉.

Un joli ciel bleu nous accompagne sur la route.


Après 136 km de route, nous voilà arrivés à l’entrée du parc national de Great Sand Dunes.

Le parc national et la réserve protégée des Great Sand Dunes ont été officiellement créés le 13 septembre 2004. Le site bénéficiait toutefois d’une protection antérieure, ayant été classé Monument national le 17 mars 1932 par le président Herbert Hoover (31ème Président des USA). Le parc s’étend sur 434,4 km2 et la réserve protégée s’étend sur 168,7 km2 soit une superficie totale de 603,1 km2.
Le parc contient les plus hautes dunes de sable d’Amérique du Nord. Elles peuvent atteindre 230 mètres de haut 😮 (la dune du Pilat mesure environ 100 mètres). Les dunes couvrent une superficie d’environ 278 km2 et sont estimées à plus de 5 milliards de mètres cubes de sable. Les sédiments des montagnes environnantes ont rempli la vallée sur plusieurs périodes géologiques. Après le retrait des lacs dans la vallée, le sable exposé a été soufflé par les vents prédominants du sud-ouest vers la chaîne de montagnes Sangre de Cristos, formant ainsi le champ de dunes.

Nous nous garons sur le parking au pied des dunes grâce aux emplacements réservés aux RV (véhicules récréatifs). Le parking voitures est complet. La randonnée est autorisée dans les dunes avec l’avertissement que la température de surface du sable peut atteindre 66°C en été. Il est fortement recommandé de ne pas marcher pieds nus, ni de mettre de sandalettes. Il vaut mieux avoir du sable dans les chaussures que de se brûler les pieds 😉. Comme il ne faisait pas chaud (23°), nous avons eu la bonne idée, ou la mauvaise idée, de mettre des sandalettes… Mais même à cette température, le sable exposé au soleil chauffe déjà bien les pieds 😮…

Le sandboarding et le sandsledding (luge de sable) sont des activités très populaires sur les dunes. Il est possible de les louer à l’entrée du parc. Nous nous contenterons d’admirer ces valeureux sportifs 😊

Afin d’admirer les dunes, nous décidons de prendre de la hauteur. Plus on monte, moins le sable est chaud en raison d’un léger vent. C’est bon pour nos petits pieds 😉

Plus nous montons en altitude et plus la vue sur le champ de dunes est impressionnante.


Les dunes dessinent de jolies vagues de sable 🤩


Marcher dans le sable n’est pas des plus faciles mais en arrivant au sommet de la dune (pas la plus haute mais 150 mètres de dénivelé quand même 🥵), le vent s’est levé provoquant des bourrasques de sable assez piquantes 🥴. Il paraît que c’est bon pour la peau nous a dit un monsieur rencontré lors de notre descente. Comme c’est bon pour la peau… on souffre en silence 🤣

Le vent se renforçant, nous avons décidé de retourner au camion


Le vent fait fuir tout le monde 🤣

Un dernier regard sur les dunes avant de nous diriger vers notre bivouac du soir.

La chaîne de montagnes Sangre de Cristo se détache majestueusement derrière les dunes de sable.


Ce n’est pas un volcan en éruption en face de nous mais un énorme nuage cumulus congestus et, contrairement au cumulonimbus, il n’a pas encore formé d’enclume à son sommet.

Nous franchissons le canal d’irrigation Franklin Eddy Canal pour nous rendre à notre bivouac du jour.


Nous sommes posés sur une zone récréative organisée autour du lac San Luis avec pêche et canotage. Malheureusement, la surface du lac s’est réduite de façon dramatique et la zone a été abandonnée.

Cela crée une ambiance étrange avec toutes ces installations encore intactes qui semblent attendre les touristes 😊. L’endroit est magnifique et nous serons tout seuls…

pour admirer ce magnifique coucher de soleil 🤩 !


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