10 avril : Tucson (AZ)

224810 km : Nous quittons notre bivouac pour nous rendre au Pima Air & Space Museum. Une longue route nous attend… 2,5 km, ça va aller 😉 ! Notre bivouac était idéalement placé.

Le Pima Air & Space Museum est l’un des plus grands musées de l’aviation et de l’espace à fonds privés au monde. Abritant environ 400 avions du Wright Flyer (le fameux avion des frères Wright) au 787 Dreamliner, le musée s’étend sur 32 hectares et a ouvert ses portes au public en mai 1976. Au cours des quarante dernières années, il a connu une expansion considérable et comprend aujourd’hui six hangars d’exposition intérieurs (dont trois consacrés à la Seconde Guerre mondiale). Nous ne pouvions pas passer à côté d’un tel musée 😉 !

Une petite animation aéronautique nous attend : le vol le plus long (en distance) d’un avion en papier. Les concurrents sont motivés et le match est rude 💪. Certains avions traversent le hangar et il faut faire attention de ne pas se faire percuter par un avion en vol… mais la collision n’est pas douloureuse 🤣 !

Après cette animation très ludique, nous partons à la découverte des 400 aéronefs exposés 🙂. Nous commençons par l’extérieur car le soleil n’est pas encore trop mordant en ce début de matinée 😎. Pour les protéger du soleil brûlant de l’Arizona, les cockpits des avions sont d’ailleurs obstrués par un revêtement spécial

qui leur donne une allure de dessins animés,

ou de gros insectes… C’est très amusant à regarder 🤣.

Cet hélicoptère est un Sikorsky CH-54 Tarhe, également largement connu sous le nom civil de S-64 Skycrane. Il s’agit d’un hélicoptère de transport lourd bimoteur, surnommé « grue volante » en raison de sa structure squelettique unique conçue pour soulever des charges volumineuses et lourdes (9 tonnes).

Grâce à ses jambes de train d’atterrissage très hautes, il peut se positionner directement au-dessus des charges au sol pour les soulever. Développé initialement pour l’armée américaine dans les années 1960, il a été intensivement utilisé pendant la guerre du Vietnam pour transporter de l’artillerie, des véhicules et récupérer des aéronefs endommagés. Une version civile, l’Erickson S-64 AirCrane, est encore utilisée aujourd’hui, notamment pour la lutte contre les incendies de forêt grâce à sa capacité de largage d’eau. L’exemplaire exposé est un CH-54A Tarhe datant de 1964.

Marc est aux anges 🤩.

Des artistes sont certainement passés par là.

Cet appareil est un Boeing B-52 Stratofortress, bombardier stratégique lourd subsonique à long rayon d’action. Il est capable de transporter des armes nucléaires et conventionnelles, avec une capacité de charge utile allant jusqu’à 32 tonnes. Propulsé par huit moteurs groupés 2 par 2, il offre un rayon d’action d’environ 7200 km sans ravitaillement en vol. En service depuis 1955 dans l’US Air Force, il est prévu qu’il reste opérationnel jusqu’en 2050, soit presque 100 ans 🤔.

Et voici un Convair B-36 Peacemaker, un autre bombardier stratégique lourd de l’armée de l’air américaine. Il s’agit du plus grand avion à moteurs à pistons jamais produit en série. Conçu dans les années 1940, il était le premier bombardier capable de transporter des armes nucléaires sans modification de sa soute.  Cet appareil emblématique de la guerre froide était propulsé par six moteurs à pistons et quatre turboréacteurs, d’où son slogan « six moteurs tournent et quatre brûlent ». Il a été en service au sein de l’US Air Force de 1949 à 1959.

Avec toutes ces pales, cet avion ne doit pas avoir de difficultés pour décoller 😉. Et pour cause, cet appareil est en fait un Fairey Gannet AEW.3, un avion de détection et de commandement aéroporté britannique des années 1950. Il utilise des hélices contra-rotatives entraînées par une turbine Double Mamba. Conçu pour la Royal Navy, il surveillait la flotte grâce à un grand radôme rétractable situé sous le fuselage. Ses ailes se replient en forme de « Z » pour le stockage sur les porte-avions.

Une pièce rare : le Super Guppy de la NASA, un avion cargo hors normes conçu pour le transport de pièces spatiales volumineuses. Conçu dans les années 1960, il a joué un rôle crucial dans le transport des éléments des fusées du programme Apollo. Sa soute a un diamètre impressionnant de 7,6 mètres et le nez de l’avion s’ouvre complètement pour charger la cargaison.

Un Lockheed C-130 Hercules, avion de transport militaire américain légendaire à quatre turbopropulseurs. Conçu comme avion de transport de troupes, d’évacuation sanitaire et de fret, il est utilisé pour diverses missions, y compris l’assaut aéroporté, la recherche et le sauvetage, et la reconnaissance météorologique. Il est capable d’utiliser des pistes non préparées pour les décollages et les atterrissages (son poids, qui peut aller jusqu’à 70 tonnes, peut cependant poser des problèmes aux équipages. Ce fût le cas dernièrement en Iran où 2 appareils durent être détruits faute de pouvoir redécoller d’une piste trop meuble). Introduit dans les années 1950, il est devenu le transport militaire le plus utilisé au monde et le principal avion de transport tactique pour de nombreuses forces militaires dans le monde entier.

Voici le Martin JRM Mars « Philippine Mars ». Il s’agit du plus grand hydravion ayant été exploité opérationnellement. Construit pendant la Seconde Guerre mondiale, il a servi à transporter des troupes et du matériel avant d’être converti en bombardier d’eau pour lutter contre les incendies de forêt. Cet avion spécifique a effectué son dernier vol en février 2025 pour rejoindre les collections du musée.

Caractéristiques Techniques
Envergure : 61 mètres (équivalent à un Boeing 747).
Moteurs : 4 moteurs en étoile Wright R-3350 de 2500 ch chacun.
Capacité d’eau : Jusqu’à 27250 litres.
Vitesse de croisière : Environ 305 km/h.
Surface couverte : Un seul largage peut traiter jusqu’à 1,6 hectare.
Particularités du « Philippine Mars » :
Initialement conçu pour l’US Navy durant la Seconde Guerre mondiale, il a été converti en bombardier d’eau en 1959. Il se distingue par sa capacité unique à écoper sa cargaison d’eau de 27 m3 en seulement 25 secondes en glissant sur un lac.

Un autre bombardier stratégique Boeing B-52 Stratofortress, précisément le modèle NB-52A portant le numéro de série 52-003, utilisé comme avion d’essai. Cet appareil a été modifié pour transporter et lancer l’avion-fusée X-15. C’est l’un des trois seuls modèles « A » jamais construits, servant exclusivement aux tests pour l’US Air Force et Boeing.

Et voici donc le North American X-15, avion fusée expérimental hypersonique célèbre pour ses records de vitesse et d’altitude dans les années 1960. Il détient toujours le record officiel de vitesse pour un avion habité motorisé, atteignant Mach 6,7 (environ 7 274 km/h) en 1967.

Conçu pour explorer les limites de l’atmosphère, il a atteint des altitudes dépassant 100 kilomètres, frôlant l’espace. Ce programme d’essai conjoint NASA/Air Force a fourni des données cruciales pour le développement des programmes spatiaux américains Mercury, Gemini et Apollo. Neil Armstrong, futur premier homme sur la Lune, faisait partie des douze pilotes ayant volé sur le X-15.

En plus des avions, nous pouvons aussi faire des rencontres inattendues 😯

Lockheed P-3 Orion en version AEW (Airborne Early Warning), utilisé précédemment par les douanes et la protection des frontières des États-Unis (CBP) pour la surveillance. Cet avion est équipé d’un grand radar rotatif (« rotodome ») au-dessus du fuselage pour la détection aérienne et maritime à longue portée. Il est propulsé par quatre moteurs turbopropulseurs. Ce modèle spécifique était principalement utilisé pour la surveillance aérienne, la lutte contre le trafic de drogues et la détection de bateaux illicites.

Le plus petit biplan du monde. C’est un avion expérimental de construction amateur conçu pour la vitesse plutôt que pour la voltige. Bumble Bee, avion de course de conception unique, détient le record du monde Guinness du plus petit avion au monde. Il mesure environ 2,4 mètres de long avec une envergure de 1,5 mètre. Cet appareil extrêmement compact est connu pour sa forme distinctive qui ressemble à un bourdon, d’où son nom. En raison de sa petite taille et de sa puissance, il est notoirement difficile à piloter, avec une vitesse de décrochage élevée lors de l’atterrissage.

Un hélicoptère français bien connu, la Gazelle, encore très présent dans l’armée française bien que de 1967. Marc a eu la chance d’être qualifié dessus 🤞.

Cet avion est un bombardier Boeing B-17G Flying Fortress nommé « I’ll Be Around ». Ce modèle spécifique était le dernier B-17 utilisé par l’armée américaine, ayant servi comme avion de patrouille pour les garde-côtes avant de devenir un avion de lutte contre les incendies.
Le musée commémore le 390th Bombardment Group de la Eighth Air Force, qui a effectué des missions de bombardement en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le B-17G était la version la plus produite du « Flying Fortress », conçue pour augmenter la puissance de feu défensive vers l’avant.

On aperçoit sur la photo ci-dessous la tourelle à bille Sperry située sous le bombardier B-17 Flying Fortress. Ces tourelles étaient des postes de tir rotatifs, contrôlés à distance ou occupés par un mitrailleur, utilisés pour défendre le dessous de l’avion pendant la Seconde Guerre mondiale. Le mitrailleur y était confiné dans un espace très restreint en position fœtale pour opérer les mitrailleuses. La tourelle pouvait pivoter à 360 degrés pour couvrir un large champ de tir. Un système de palans permettait de rentrer entièrement la tourelle dans la carlingue afin que le mitrailleur puisse s’y installer et en ressortir avant l’atterrissage.

Cet avion est un Boeing-Stearman Model 75, également connu sous le nom de PT-17 Kaydet. Il s’agit d’un avion biplan d’entraînement primaire emblématique utilisé par l’armée américaine, notamment l’US Army Air Forces et la Navy, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est réputé pour sa construction robuste avec un fuselage en acier soudé et des ailes en bois recouvertes de tissu. La version PT-17 est équipée d’un moteur en étoile Continental R-670. Après le conflit, des milliers d’exemplaires ont été vendus sur le marché civil pour des usages variés, notamment comme avions agricoles pour l’épandage, avions de sport ou pour la voltige aérienne. Marc adore det avion qui ressemble beaucoup au WACO de ses rêves 😉.

Les marquages et insignes d’aéronefs sont un sujet infiniment fascinant pour la plupart des passionnés d’aviation et des historiens. Ils vont des insignes officiels qui sont destinés à procurer un sentiment de communauté et d’identité aux unités, aux dessins beaucoup plus personnels qui expriment les désirs, les craintes et les espoirs des équipages. « L’art du nez » joue un rôle important dans le moral des pilotes et des membres d’équipage.

Le cockpit d’un planeur de transport de la Seconde Guerre mondiale. Vu le profil, cela ne devait pas planer trop loin…

Nous voilà devant le premier missile de croisière opérationnel au monde, le FI103 ou V1. Il fut la première des « armes miracles » que les dirigeants allemands pensaient capables de transformer la défaite en victoire. Le concept d’une bombe volante autoguidée propulsée par un pulsoréacteur remonte à 1942 et intéressa rapidement la Luftwaffe, qui subissait de lourdes pertes en bombardiers et en équipages. Le FI103 effectua son premier vol en décembre 1942, mais des problèmes de production et d’exploitation de cette nouvelle arme retardèrent sa première utilisation opérationnelle jusqu’au 12 juin 1944, date à laquelle les premiers V1 furent tirés sur Londres. Finalement, plus de 5800 de ces missiles atterrirent en Angleterre, tuant plus de 8000 personnes

Ce missile a été saisi par la Première Armée canadienne durant l’été 1944. Il a été stocké par le gouvernement canadien pendant de nombreuses années avant d’être vendu à un petit musée privé. En 2005, il a été acheté par le Pima Air & Space Museum et amené à Tucson pour y être exposé.

Spécifications techniques : Masse au lancement 2247 kg Longueur 7,92 m Diamètre 1,42 m Envergure 5,78 m Vitesse ~670 km/h à 1500 mètres d’altitude Portée ~200 à 210 km Altitude de croisière 3000 m Charge utile 847 kg d’explosif Guidage par trois gyroscopes reliés à un pilote automatique primitif Cercle d’erreur probable de 12 à 13 km.

Cette photographie montre un Yokosuka MXY-7 Ohka, un avion d’attaque kamikaze japonais propulsé par fusée et guidé par un pilote, utilisé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une version biplace est aussi présentée… 🙄 Ces appareils étaient conçus pour des missions sans retour, transportant une charge explosive de 1200 kg dans leur nez pour frapper les navires alliés.
Les Alliés surnommaient cet engin « bombe Baka » (bombe idiote) en raison de sa nature désespérée. L’Ohka était transporté sous un avion porteur, généralement un bombardier Mitsubishi G4M « Betty », jusqu’à proximité de la cible avant d’être relâché. Bien que plus de 800 unités aient été construites, elles ont eu un succès limité contre la marine américaine. Aujourd’hui l’électronique a remplacé le pilote kamikaze.

Cette photo présente le célèbre bombardier Boeing B-29 Superfortress. Cet avion est célèbre pour avoir largué la première bombe atomique, « Little Boy », sur Hiroshima au Japon le 6 août 1945. Il s’agit d’un bombardier lourd à quatre moteurs, technologiquement très avancé pour l’époque, doté d’une cabine pressurisée et de tourelles de défense télécommandées.

La soute ouverte permet de découvrir le système de stockage et de largage des bombes.

Hydravion amphibie Consolidated PBY Catalina. Il s’agit spécifiquement d’une version amphibie PBY-5A ayant servi dans les garde-côtes américains (US Coast Guard). Ces avions étaient cruciaux pendant la Seconde Guerre mondiale pour les patrouilles maritimes, la lutte anti-sous-marine et le sauvetage en mer. La mise en scène soignée recrée un amerrissage de l’avion sur l’eau.

Curtiss P-40 Warhawk, un avion de chasse et d’attaque au sol américain emblématique de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit du troisième avion de chasse américain le plus produit pendant la guerre, célèbre pour son utilisation par les « Flying Tigers ». C’était un monoplan monomoteur entièrement métallique qui a effectué son premier vol en 1938.

Cette photo d’époque représente des soldats chinois utilisant un aérophone (ou localisateur acoustique) pour détecter des avions de guerre japonais. Ces dispositifs passifs permettaient de repérer les aéronefs ennemis en écoutant le bruit de leurs moteurs avant l’invention généralisée du radar. De grandes cornes ou paraboles captaient les ondes sonores, qui étaient transmises par des tubes aux opérateurs portant des écouteurs de type stéthoscope pour déterminer la direction et l’élévation. Bien qu’utilisés par la plupart des armées de l’époque, leur efficacité dépendait fortement des conditions météorologiques, de la compétence des opérateurs et de la taille de la formation cible. De nos jours, les ukrainiens ont développé une technique semblable pour détecter de manière passive les drones russes.

C’est l’heure de fermeture du musée (17 heures) qui nous oblige à partir… Il en faut du temps pour découvrir les 32 hectares, les 6 hangars et les 400 aéronefs 😐 ! Ce musée est très intéressant par le nombre d’avions, mais nous avons été plus émerveillés par The Smithsonian’s National Air and Space Museum de Washington, le Museum of Flight de Seattle et l’Evergreen Aviation & Space Museum situé à McMinnville, dans l’Oregon qui est célèbre pour abriter le Spruce Goose (Hughes H-4 Hercules), le plus grand hydravion en bois jamais construit. 

Il est temps maintenant de rejoindre notre bivouac du soir qui se trouve à 56 kilomètres.

Nous y sommes, en pleine nature, toujours accompagnés par un beau coucher de soleil 🌞.


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