1er octobre : Painted Canyon (CA)
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238500 km : Après une nuit paisible, nous quittons ce charmant lieu pour rejoindre Bombay Beach, sur les rives de Salton Sea. Une « mer » qui n’en a que le nom car, ce n’est en fait qu’un immense lac.

Nous reprenons la piste à bonne distance l’un de l’autre pour échapper au nuage de poussière soulevé en roulant. A cette distance, nous pouvons admirer « Lamy » (c’est le nom du camion) au milieu de ce paysage sec et aride.

Toutes les personnes que nous rencontrons trouvent nos camions « huge », ce qui veut dire énorme. A côté de ce train de marchandises  interminable, nous sommes quand même des lilliputiens 😂 !

Nous voilà arrivés sur la plage de Bombay Beach au bord de Salton Sea. À l’image du lac Mono près du Parc National de Yosemite, Salton Sea est un lac salé endoréique : l’eau y entre par la pluie, les rivières ou les sources, mais ne peut s’en échapper que par évaporation. 

Sa création fut accidentelle. En 1905, lors de travaux pour irriguer la vallée d’Imperial, des ingénieurs ont creusé des canaux depuis le fleuve Colorado. Des crues exceptionnelles ont rompu les digues déviant ainsi, pendant près de deux ans, la totalité du fleuve vers le bassin de Salton Sink et créant une mer intérieure artificielle. Grâce à cette catastrophe, Salton Sea est devenue dans les années 1950–1970 une destination touristique prisée de la jet-set hollywoodienne (Frank Sinatra, Jerry Lewis, Dean Martin entre autres…). On y pratiquait le ski nautique, la pêche et la navigation de plaisance.

Dans les années 1970–1990, le déclin écologique est en marche… N’ayant aucun déversoir naturel, le lac a vu sa salinité augmenter rapidement en raison de l’évaporation et du ruissellement agricole chargé en engrais et pesticides. La prolifération d’algues a privé l’eau d’oxygène, entraînant la mort massive de poissons et d’oiseaux migrateurs. Salton Sea s’assèche donc progressivement. L’endroit est devenu rapidement invivable et les odeurs nauséabondes, toujours bien tenaces 😭, ont fini par faire fuir les touristes.

Aujourd’hui, un nouvel âge d’or se profile à l’horizon pour Salton Sea. D’importantes réserves de lithium ont été découvertes dans ses saumures géothermiques. Avec l’essor du parc automobile électrique, les besoins en Lithium vont fortement augmenter et Salton Sea s’apprête à devenir un acteur majeur de la transition énergétique 🥴 !

Tout comme Salton Sea, Bombay Beach a connu son âge d’or dans les années 1950 à 1970, période durant laquelle elle devint un havre de paix pour les habitants de Los Angeles. Bombay Beach est située à 69 mètres sous le niveau de la mer.

Malheureusement, Bombay Beach a rapidement subi les conséquences de la pollution du lac et sa population a fortement diminué. Aujourd’hui réduit à environ 200 habitants, le village s’est réinventé au début des années 2010 grâce à des artistes qui en ont fait une galerie à ciel ouvert. Depuis 2016, la Biennale de Bombay Beach (qui a fêté ses 10 ans en mars) rassemble chaque année des milliers de visiteurs autour d’un art anticonformiste visant à sensibiliser sur l’urgence écologique largement méconnue et ignorée de Salton Sea (source Biennale de Bombay Beach).

Les œuvres étant dispersées dans toute la ville et le long de la plage, notre visite se concentrera sur la plage. C’est parti, sous un soleil toujours mordant !

Un cowboy en plein rodéo surréaliste 😯.

Un œil étrange surgit du désert 🧐.

Une étoile prisonnière du désert.

Et tout au fond, le lac…

Cela nous rappelle vaguement quelque chose typiquement français 🤔.

Méditations poétiques…

Croisière imaginaire dans un océan de sable 😂

Souvenir nostalgique…

Cela nous rappelle les tubes de bonbons PEZ de notre enfance…

Après cette découverte artistique originale, nous quittons Bombay Beach. Difficile d’imaginer qu’il y a un demi-siècle, cette ville était un lieu de villégiature très couru, réputée pour ses nombreuses activités nautiques…

Un autre endroit surprenant : Salvation Mountain (la Montagne du Salut).

Œuvre de l’artiste Leonard Knight (1931–2014). Salvation Mountain est le résultat de 28 années de travail (la construction a débuté en 1985).  Elle est construite en argile mélangée à de la paille, des poteaux téléphoniques, des pneus et des vitres de voiture. La structure est recouverte de plus de deux cent mille litres de peinture au latex.
Leonard Knight a vécu une conversion religieuse à l’âge de 36 ans. Il voulait partager un message simple : « L’amour est universel. Aimez Dieu, aimez-vous les uns les autres et restez simples ! Dieu est Amour » d’où les versets bibliques inscrits sur la « montagne ».

Les ombres des esprits rôdent 🤣

C’est aussi un lieu de méditation…

Belle vue sur le désert de Sonora…

et nos camions.

Salvation Mountain est située à proximité de la ville de Slab City surnommée «le dernier endroit libre d’Amérique» où il n’y a ni eau courante, ni électricité, ni ramassage des ordures, ni taxes locales. Ce lieu hors du temps abrite une communauté singulière : artistes, retraités modestes ou personnes en situation de précarité. L’ambiance y est très étrange. Nous n’avons fait que la traverser.

En route pour notre bivouac du soir, nous découvrons d’immenses « parkings » à vaches. Il y en a des milliers coincées les unes contre les autres, sans un brin d’herbe à l’horizon 🤨 ! Quel choc et surtout… pauvres bêtes 😭.

Notre bivouac du soir accompagné d’un beau coucher de soleil.

Demain, nous retournons tous les 4 chez Tania et Scott… le changement des pneus nous attend 🎉🎊 !


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