Du 22 au 24 septembre : Escondido (CA)
Du 26 au 30 septembre : Borrego Springs (CA)

237910 km : En fin d’après-midi, nous partons avec Tania et Scott pour Escondido. Ce soir, nous allons assister à la dernière pour cette année du Cruisin’ Grand. Cet événement a lieu tous les vendredis soir durant la saison estivale dans le centre-ville d’Escondido depuis maintenant 26 ans. C’est un grand rassemblement festif dédié aux voitures anciennes, « Muscle cars » et « Hot Rods » (généralement antérieurs à 1974). Plus de 500 véhicules sont exposés 😮 le long des rues fermées pour l’occasion.

Le principe de la « Muscle car » date du début des années 1940. Après leur retour de la guerre, les soldats modifient des modèles anciens et peu onéreux et produisent ce qu’on a appelé alors des « Hot Rods » aux moteurs surgonflés en puissance.

Le terme « Muscle car » lui entre dans le langage populaire au début des années 1960. Il désigne une catégorie de voitures américaines à propulsion équipées de moteurs V8 de grosse cylindrée. Le couple est ici la priorité afin d’effectuer le quart de mille (402 mètres) en un temps record. Bon marché et rapides, celles-ci visent un public jeune, adepte des courses d’accélération…

Les « Muscle cars » s’épanouissent à une époque où la première génération issue du «baby-boom» parvient tout juste à l’âge adulte. Une génération en rupture appelée à contester de nombreux aspects de « l’American Way of Life », jusque dans ses symboles les plus représentatifs : l’automobile, la famille, le statut social, etc. Un vent de contestation et un désir de transgression de l’ordre établi qui rappelle un peu l’esprit de notre Mai 68 français… sans les manifestations 😉 !

La période de gloire des « Muscle cars » s’étend de 1964 à 1974. Exclusivement disponibles en coupé et en cabriolet, leurs performances élevées incitent par ailleurs constamment leurs propriétaires à violer les règles du Code de la route 🤔.

Plusieurs facteurs vont mettre fin à l’ère des « Muscle cars » et « Hot Rods ». En premier lieu, la dangerosité avérée de ces voitures incite les assureurs à augmenter leurs primes de façon dissuasive. En effet, ces voitures dont le moteur peut atteindre 425 chevaux, restent des modèles de simplicité dans leur conception : châssis séparé, pont arrière rigide, suspension arrière à ressorts à lames, freins à tambours, voire absence de direction assistée comme sur les Plymouth Barracuda et Hemi. Conduites par des conducteurs jeunes peu soucieux des règles du code de la route et épris de liberté, elles connaissent des taux d’accident et de mortalité importants.

Par ailleurs, le Congrès américain vote en 1970 le « Clean Air Act » (Loi sur l’air propre) qui exige des réductions drastiques des émissions polluantes et qui prévoit des amendes sévères pour les constructeurs automobiles qui ne s’y conforment pas. Les « Trois Grands » (comme on les appellent à l’époque), c’est-à-dire General Motors, Ford et Chrysler, se voient contraints de diminuer la puissance de leurs gros moteurs V8. Cette diminution de puissance aura pour effet de réduire à néant l’esprit même de la « Muscle car ». Tous les constructeurs voient alors leurs ventes chuter dès 1971 suivi par  le choc pétrolier de l’hiver 1973-1974.

Cette réglementation ne fut que de courte durée et les moteurs V8 sont encore très largement produits et vendus aux États-Unis 🙄. Depuis le début des années 2000, les « Muscle cars » connaissent à nouveau un engouement certain sur le marché de la collection. Les prix des transactions ont augmenté de façon astronomique, certaines éditions rarissimes de la Plymouth Hemi Cuda Cabriolet atteignant cinq millions de dollars aux enchères Barrett-Jackson. La plupart de ces voitures sont devenues inaccessibles au consommateur moyen, leur valeur atteignant souvent les 100000 dollars pour un modèle « comme neuf ». D’autres sont plus exotiques…

Le public est aussi nostalgique de ces vieilles voitures, de ces puissants moteurs et autres délires.

Nous allons maintenant déambuler au milieu de ces véhicules aussi fascinants que beaux. Marc adore celle-ci particulièrement 🤩. Vous allez donc la voir sous toutes les coutures 🤣.

Une autre rue est consacrée aux « Bump cars ». Ces engins insolites sont de véritables auto-tamponneuses vintage transformées pour devenir des véhicules homologués pour la route (street-legal bumper cars) aux États-Unis. La petite flotte très célèbre visible sur la photo est en grande partie l’œuvre d’un constructeur et mécanicien de génie basé en Californie, Tom Wright, installé près de San Diego.

Voici comment est née cette fascination et comment fonctionnent ces machines. À l’origine, les auto-tamponneuses de fête foraine fonctionnent à l’électricité, via une longue perche reliée à un plafond grillagé électrifié. Pour les faire rouler sur l’asphalte, une reconstruction complète est donc nécessaire.

Tom Wright a récupéré d’authentiques coques d’auto-tamponneuses des années 1930 à 1950 (principalement de la marque historique Lusse Auto Skooter), qui pourrissaient à l’abandon après la fermeture du parc d’attractions Long Beach Pike.

Les moteurs électriques d’origine ont été remplacés par de puissants moteurs thermiques de moto, issus de modèles Kawasaki (notamment des moteurs Ninja 500cc ou 750cc) ou Honda. Ils possèdent une vraie boîte manuelle à plusieurs vitesses.

Un châssis tubulaire sur mesure est fabriqué pour accueillir quatre roues (souvent des jantes de voiture de golf customisées pour coller au look de la plage californienne) et des suspensions indépendantes qui garantissent une tenue de route surprenante.

Pour obtenir le droit de rouler légalement sur la voie publique (les fameuses plaques d’immatriculation visibles à l’arrière), ces « mini-cars » doivent respecter scrupuleusement le code de la route américain. Elles intègrent : des phares fonctionnels, des clignotants et des feux stop, un pare-brise (souvent équipé d’essuie-glaces selon les États), des ceintures de sécurité, les commandes classiques au pied (embrayage, frein, accélérateur) et un volant.

Bien qu’elles ressemblent à des jouets inoffensifs, le ratio poids/puissance de ces engins les rend extrêmement vifs. Avec leur empattement ultra-court et la puissance du moteur de moto, certaines de ces créations ont été théoriquement mesurées comme capables d’atteindre plus de 150 km/h (voire près de 250 km/h sur le papier), ce qui s’avère particulièrement impressionnant et terrifiant au ras du sol.

Aujourd’hui, Tom Wright possède une flotte d’une dizaine de ces voitures. Il les sort régulièrement avec ses amis lors de rassemblements et de parades de voitures de collection comme le fameux Route 66 Cruisin’ Reunion en Californie ou ce soir à Escondido.

Dans un tout autre genre, voici un joli hot rod personnalisé basé sur un Ford Model A Roadster de 1929.

Et pour finir une magnifique Packard One-Twenty (120) Convertible Coupe de 1941, entièrement revisitée dans le plus pur style Custom Lowrider. Voici l’histoire de ce modèle et les secrets de sa préparation moderne.

Le modèle d’origine est le fleuron « Junior » de Packard. Avant de devenir cette pièce de collection moderne, la Packard 120 (One-Twenty) de 1941 possédait des caractéristiques techniques très réputées à l’époque pré-guerre :

Elle était animée par le célèbre moteur Straight-Eight (8 cylindres en ligne) à tête plate de 282 pouces cubes (4,6 Litres), développant 120 chevaux d’origine, ce qui lui a donné son nom. Elle possédait une boîte manuelle à 3 rapports avec Overdrive optionnel, réputée pour sa douceur légendaire sur autoroute. Sur le plan esthétique, l’année 1941 marque l’intégration des phares directement dans les ailes avant (alors qu’ils étaient séparés en obus les années précédentes) et l’adoption de la calandre étroite en forme de harpe flanquée de petites grilles latérales de refroidissement (appelées « catwalk cooling »).

Ce véhicule s’éloigne de la restauration d’origine pour embrasser l’univers des «Customs» haut de gamme, dans une déclinaison Lowrider de Haute Couture, une transformation souvent signée par des ateliers de renom. Le résultat est vraiment splendide 🤩🤩🤩.

Nous assisterons ensuite, à nouveau dans un tout autre style, à une clôture pétaradante et enflammée 🤭.

Notre promenade au milieu des « Muscle cars » et « Hot rods » s’achève ainsi. Il faut reconnaître que ces voitures ont vraiment un look d’enfer et un charme fou 🤩. Quelle soirée 👍.


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Un commentaire

  1. Cargol 07/10/2026 à 20h34- Répondre

    Sacré ambiance, clair que c’est le genre de manif à ne pas rater !

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