Ce matin, avant de quitter Fâtima, nous retournons sur l’esplanade car la quantité de véhicules garés sur le parking où nous avons dormi n’a rien à voir avec ce que nous avions hier…

Et effectivement, il y a plus de monde. Nous comprenons à quoi servent les cercles blancs tracés au sol ! Les familles se regroupent au sein d’un cercle pour créer des sortes de bulles familiales. Mesure Covid ??? Nous ne savons pas mais la peinture au sol a l’air ancienne…

Aujourd’hui samedi, il y a une longue queue qui mène à l’endroit où l’on peut mettre des bougies. Certains en ont, 5, 10 voire une vingtaine dans la main, de tout diamètre et de différentes longueurs.

Arrivés devant le “barbecue”, soit les bougies sont allumées une par une et positionnées en partie gauche mais fondent rapidement sous l’effet des brûleurs en dessous, soit tout le paquet de bougies est jeté directement dans la partie droite sans en allumer aucune. C’est vraiment un process curieux. Il est aussi possible de se procurer un bras, une jambe, une main, une tête, un morceau d’intestin, etc, en cire que l’on jette aussi directement dans la partie droite lorsque l’on souhaite faire une offrande plutôt orientée vers une guérison précise.

Et aujourd’hui il y a aussi plus de pélerins à genoux sur le chemin de procession. Certaines personnes âgées, trop faibles, le font à 4 pattes.

Tout ceci nous interpelle et nous laisse assez perplexes et troublés. Un film sortira prochainement au cinéma sur les apparitions de Fâtima.

Nous retournons au camion et prenons la route vers Batalha que nous rejoignons rapidement.

Le 14 août 1385, sur le plateau d’Aljubarrota, 15 km au sud de Batalha, s’opposent deux prétendants au trône du Portugal : le roi de Castille et le fils naturel de Pierre Ier, Jean Ier, grand-maître de l’ordre d’Avis, sacré roi sept jours plus tôt. Les forces en présence sont très inégales : à l’armée organisée et dotée de 16 canons des castillans, le connétable Nuno Alvarez Pereira ne peut opposer qu’un carré de chevaliers et de piétaille. En cas de défaite, le pays passera sous domination espagnole.

Jean d’Avis promet, le 14 août 1385, d’élever une superbe église en l’honneur de la Vierge si elle lui accorde la victoire. Après avoir résisté victorieusement à son ennemi, Nuno Alvarez le poursuit en Castille même. Le Portugal a gagné ainsi son indépendance pour deux siècles. Trois ans plus tard, le monastère Sainte-Marie de la Victoire commence à s’élever. Il prendra le nom de Batalha. Devant celui-ci une grande statue représente aujourd’hui le vainqueur Nuno Alvarez Pereira.

La magnificence du projet, la nouveauté des solutions esthétiques et les maîtres choisis révèlent bien l’importance du projet pour son fondateur Jean Ier. Le monastère fut confié dans un premier temps aux dominicains qui y sont restés jusqu’à l’extinction des ordres religieux au XIXème siècle. Jean Ier ne verra pas le bout de son projet, mais celui-ci sera poursuivi par son fils, le roi Duarte-Huguet, qui donnera libre cours à son talent créatif. Mais la mort prématurée du roi n’a pas permis que les chapelles en cours de construction soient terminées. Elles resteront en l’état devenant les Chapelles Imparfaites que voici sur la partie gauche de la photo.

La porte principale Ouest de l’église du monastère, de style gothique. L’ensemble, construit en calcaire, présente une jolie teinte ocre.

Détail des 12 apôtres situés de part et d’autre du portail. La sculpture est très détaillée. Vous reconnaîtrez à droite St Pierre. Pour les autres, je vous laisse chercher 😉

Au tympan, le Christ en majesté entouré des 4 évangélistes : Jean, Matthieu, Luc et Marc (de gauche à droite et de haut en bas)

Les fenêtres sont de style gothique flamboyant

La porte secondaire Sud est plus sobre.

Lorsque l’on rentre dans l’église, on est tout de suite impressionné par la hauteur de la nef : 32,5 mètres. Cette hauteur est amplifiée par la densité des colonnes qui forment un mur visuel presque continu.

Vue du portail d’entrée depuis le chœur.

La chapelle du fondateur Jean Ier, pensée pour devenir le mausolée de sa dynastie et construite en 1426. Au milieu, le tombeau du roi Jean Ier et de la reine Filipa de Lencastre.

Autour d’eux, des enfeus contiennent les tombeaux des infants.

La salle capitulaire est couverte d’une voûte de près de 20 mètres de côté sans support central. Il fallut trois tentatives pour y parvenir. On raconte que ce travail présentait de tels dangers qu’il fût achevé par des condamnés à mort. Confiant dans ses calculs, l’architecte Huguet y resta seul toute une nuit après que l’on ait retiré les échafaudages.

La salle est dédiée aujourd’hui à la mémoire du Soldat inconnu portugais.

Le cloître royal, alliance des styles gothique et manuélin.

Balustrade à fleurs de lys et pinacles fleuris créent une certaine harmonie avec les remplages manuélins des arcades.

Les colonnettes qui soutiennent les remplages sont ornées de torsades, perles et écailles.

Le cloître du roi Afonso V. Il fut le premier à être bâti sur deux étages. Il était destiné à la vie quotidienne des frères dominicains et donc beaucoup plus simple.

Le balcon des Chapelles Imparfaites de style Renaissance. Conçu en 1533, il représente la dernière tentative du roi Jean III d’achever les Chapelles Imparfaites.

Les piliers de la future voûte n’ont jamais été au delà.

Le portail d’entrée à l’origine gothique, a été orné de décorations manuélines d’une rare exubérance au XIème siècle.

Édouard Ier, fils de Jean Ier, avaient rêvé d’un vaste panthéon pour lui et ses descendants. Il est le seul roi à reposer aujourd’hui avec la reine Léonor, à ciel ouvert, dans les chapelles inachevées.

Le tombeau de l’infant

et un autre jamais attribué…

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